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8e Colloque sur l’évaluation socio-économique du Très Haut Débit @Strategie_Gouv

Source : France Stratégie

Le 8e colloque sur l’Évaluation socioéconomique et investissements dans les réseaux d’initiative publique très haut débit aura lieu ce Jeudi 5 avril 2018 de 9h à 13h à l’Auditorium Marceau Long, 20, avenue de Ségur dans le 7e arrondissement de Paris.

France stratégie

Le Secrétariat général pour l’investissement, France Stratégie et le Conseil général de l’environnement et du développement durable ont initié un cycle de colloques sur l’évaluation socioéconomique des investissements publics, sous la présidence de Roger GUESNERIE, professeur au Collège de France et président honoraire de Paris School of Economics. L’évaluation socioéconomique a principalement pour objet d’éclairer le décideur public, sans s’y substituer, avant qu’il prenne une décision. Ce colloque s’attachera à faire le point de la pratique de l’évaluation socioéconomique des investissements publics en couverture THD et à tirer les enseignements.

Les premiers colloques étaient consacrés : à l’évaluation socioéconomique des projets de transports (16 septembre 2014) ; à la prise en compte des externalités environnementales (2 avril 2015) ; des effets d’agglomération (22 octobre 2015) ; à la prise en compte des risques naturels et sanitaires dans le calcul socioéconomique (17 mars 2016) ; au choix des indicateurs dans la sélection des projets (14 décembre 2016) ; au système d’actualisation (29 mars 2017) ; à la pratique de l’évaluation socioéconomique en France (20 septembre 2017). Ce huitième colloque porte sur l’évaluation socioéconomique des grands investissements en très haut débit.

Cliquez ici pour télécharger le programme de ce 8e colloque

Crèches : pourquoi l’Allemagne fait mieux que la France ? @Strategie_Gouv

Places en crèche : pourquoi l’Allemagne fait mieux que la France depuis dix ans ?
Source : France Stratégie 

L’Allemagne a longtemps accusé un important retard en matière de capacité d’accueil collectif des jeunes enfants (du moins en Allemagne de l’Ouest). Au début des années 2000, elle a pris conscience que ce déficit en places de crèche avait des conséquences négatives aussi bien sur le développement des enfants que sur les taux d’emploi féminin et de fécondité.
Notre voisin d’outre-Rhin s’est alors assigné des objectifs ambitieux et volontaristes, à hauteur d’un véritable choix de société : plusieurs lois successives ont programmé la construction de près de 400 000 places de crèche sur la période 2005-2018. La France, où l’orientation en faveur de la prise en charge des jeunes enfants en dehors de la famille est plus ancienne, visait quant à elle une hausse de l’ordre de 150 000 places entre 2005 et 2017.

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France Stratégie : le rapport d’activité 2016 en vidéo 

Source : France Stratégie 

Éclairer l’avenir : une ardente nécessité

« L’ardente obligation » de la planification a laissé place à la nécessité d’anticiper, si ce n’est de prévoir, les mutations et les risques à venir. C’est aussi une mission à laquelle France Stratégie a largement répondu en 2016.
En poursuivant le cycle de débats mensuel « Mutations technologiques, mutations sociales » co-organisé avec l’EHESS et Inria et les rencontres du Club de prospective territoriale. En imaginant des « idéaux-types » pour notre École suivant des scénarios prospectifs variant la finalité éducative. En lançant un cycle d’ateliers-débats dédié aux Smart Cities. En interrogeant l’avenir de la zone euro, celui de la croissance et des gains de productivité dans un monde aux ressources limitées marqué par un changement de régime du progrès technique. En questionnant aussi l’avenir du travail et de l’emploi à la lumière de ses plus récentes évolutions – ubérisation, automatisation, économie circulaire…
Autant de sujets d’avenir, pour n’en citer que quelquesuns, qui appellent un éclairage de la décision publique dès aujourd’hui.
Communiquer : la loi du plus grand nombre

2016 est aussi une année de communication avec un accent particulier porté sur le large public et la volonté de s’emparer des innovations numériques qui permettent une communication dite « multicanale ». Toucher toutes les personnes, du public expert au public simplement intéressé, est une ambition qui a poussé l’institution à décliner chacune de ses productions dans des formats accessibles au plus grand nombre.

Depuis l’article publié sur le site strategie.gouv.fr qui décrypte nos travaux, même « techniques », jusqu’au tweet, en passant par des reportages de terrain vidéo – le Grand Angle –, des podcasts, des infographies et, depuis 2016, une lettre d’information nouveau format – Le Supplément – qui offre des contenus plus variés et plus accessibles en rapport avec notre actualité. Un travail « de fourmi » qui permet de verser concrètement au débat public des connaissances et des informations qui appartiennent par définition à tous.

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Mobiliser l’épargne pour le financement des startups @Strategie_Gouv

Source : France Stratégie 

Afin de favoriser la croissance des startups, la France doit accroître nettement les financements disponibles.

Afin de favoriser la croissance des startups, la France doit accroître nettement les financements disponibles. Elle ne dispose pas en effet de larges fonds de pension ni de fondations universitaires, qui jouent un rôle déterminant sur ce plan dans les autres pays. Elle doit mieux mobiliser l’épargne des ménages vers ce type de placements indispensables à la croissance et à l’innovation. La fiscalité de l’épargne financière est un puissant levier mais aujourd’hui elle incite peu au financement des entreprises innovantes. Pour y remédier et rejoindre les meilleurs en termes de montant de capital-risque rapporté à la taille de l’économie, trois options s’offrent au pays : une solution logique, mais très ambitieuse, de réforme globale de la fiscalité de l’épargne ; un choix plus direct de refonte et d’approfondissement de certaines niches fiscales en les ciblant mieux sur le capital-risque ; enfin, moins radicale mais non dénuée de complexité, une modification à la marge des produits d’épargne réglementés existants. Selon les paramètres retenus, ces options peuvent être mises en œuvre à un coût nul pour les finances publiques…en savoir plus…

Les discriminations : un manque à gagner économique  important 

Source : France Stratégie

C’est un fait, les discriminations sur le marché du travail ont un coût social. Manquement à l’égalité, elles entament la confiance dans le pacte républicain. Moins perceptible peut-être mais tout aussi indéniable, elles ont aussi un coût économique. Sur-chômage, perte d’activité, mauvaise allocation de la main-d’œuvre, gâchis de qualifications et de potentiels individuels, … les pertes liées aux discriminations dans l’emploi sont plutôt bien identifiées. Reste à chiffrer le manque à gagner.
De quelles discriminations parle-t-on ?
Sur le plan juridique, la discrimination en emploi décrit le fait d’opérer (intentionnellement ou non) « une distinction » entre des personnes sur la base de critères « non objectivement justifiés par un but légitime ». Une pratique « susceptible d’entraîner un désavantage particulier » pour la personne traitée « de manière moins favorable ». Concrètement, la loi française prohibe vingt-et-un motifs de discriminations. Parmi ceux-là, deux sont retenus dans ce rapport pour mesurer les gains économiques attendus d’une réduction des discriminations : le sexe et l’origine géographique. Et trois autres complètent l’analyse descriptive : le handicap, l’orientation sexuelle et le lieu de résidence. Un choix essentiellement motivé par des contraintes de données.
Pour évaluer l’ampleur des discriminations, l’approche retenue consiste à mesurer statistiquement les écarts de situation en emploi qui ne sont justifiés par aucune variable objective (formation, expérience, ou origine sociale), écarts (qualifiés « d’inexpliqués ») qui sont observés entre les groupes « à risque » et le reste de la population. Ce type d’évaluation indirecte des discriminations a l’avantage de délivrer une analyse plus précise et plus extrapolable – que le testing ou l’enquête d’opinion par exemple.
Être une femme reste le premier facteur d’inégalité

Résultat ? Les écarts inexpliqués sont particulièrement marqués pour les femmes. Avec des taux d’activité inférieurs de dix points à ceux des hommes, des temps partiels supérieurs de vingt points, la probabilité la plus faible d’accéder aux 10 % des salaires les plus élevés et un écart de salaire inexpliqué de l’ordre de 12 %, les femmes continuent d’être les premières victimes des inégalités sur le marché du travail. Constat inerte ? Pas exactement. Si les écarts de salaires restent notables, les inégalités d’accès à l’emploi entre hommes et femmes se sont en revanche réduites depuis 1990 et le sur-chômage féminin a quasiment disparu.
Être une femme reste donc le premier facteur de discrimination en emploi en France mais il est suivi de près par l’ascendance migratoire. Toutes choses égales par ailleurs, les hommes descendants d’immigrés africains ont une probabilité d’être au chômage supérieure de sept points aux hommes sans ascendance migratoire. Pour comparaison, ce chiffre est de trois pour les natifs des DOM. Quant à leurs chances d’accéder à un CDI à temps plein, elles sont au niveau… de celles des femmes. Comparé au sexe et à l’origine migratoire, le lieu de résidence n’apparaît pas en revanche comme un facteur explicatif massif d’inégalité d’emploi.
Un manque à gagner de l’ordre de 3% à 14% du PIB
Que gagnerait la société dans son ensemble si le recrutement des chefs d’entreprise était élargi aux femmes, si les talents étaient reconnus dans toute leur diversité et tous les hauts potentiels pleinement employés ? C’est pour apporter une réponse (chiffrée) à cette question que le rapport estime finalement le gain attendu d’une réduction des écarts inexpliqués, écarts qui sont donc considérés ici comme autant de réserves de croissance inutilisées.
Comment ? En simulant les effets d’un alignement de la situation en emploi des personnes discriminées – taux d’emploi, niveaux de salaires, temps de travail et proportion de bacheliers– sur la situation moyenne observée dans le reste de la population de même classe d’âge (chiffrage prudent, donc). Ces effets sont estimés sur la base de quatre scénarios qui vont chacun, un peu plus loin, dans la prise en compte des effets (cumulés) d’une réduction des discriminations. Le premier scenario mesure l’effet sur les salaires d’une réduction des écarts d’accès à l’emploi qualifié. Les deux suivants y ajoutent les effets d’une convergence des taux d’emploi puis des durées de travail. Enfin le dernier évalue l’effet additionnel d’un alignement des niveaux d’éducation (taux de bacheliers). Sur ce nuancier, le scenario 2 mesure schématiquement les effets sur l’économie de la discrimination au sens strict (juridique), tandis que le scénario 4 serait plutôt celui (lato sensu) de l’égalité des chances.
Les chiffres sont éloquents ! La convergence des taux d’emploi (introduite dans le scenario 2) se traduirait par une augmentation de 3 % de la population en emploi, soit 608 000 postes supplémentaires, à 93 % féminins. En y ajoutant l’effet convergence des temps de travail (scénario 3) l’augmentation estimée monte à 4,5 %, soit 974 000 emplois à temps plein. Les gains en termes de valeur ajoutée sont massifs : ils s’échelonnent de +3,6 % du PIB dans le premier scenario à +14,1 % dans le scénario 4 d’égalité des chances. Le scenario médian de convergence des seuls taux d’emploi et d’accès aux postes élevés, rapporterait 7% du PIB, soit environ 150 milliards d’euros. Des gains économiques auxquels les femmes contribueraient en l’occurrence à hauteur de 97 % !
Quel que soit le scenario retenu, la réduction des discriminations représente une vraie réserve de croissance. Un plan de lutte national aurait ainsi le mérite de faire converger justice sociale et bénéfice économique.

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